Tous les matins, je jette un coup d’œil aux actualités locales, les “nouvelles” comme on les appelle ici. Et comme tous les matins depuis maintenant 9 mois, les gros titres concernent le COVID.
Il y a tous les jours des articles pour nous rappeler que le nombre de cas augmentent, que les services d’urgence se rapprochent chaque jour un peu plus de la saturation…
La région de Toronto a été replacée en confinement et vendredi on évoquait la possibilité de faire de même dans les semaines à venir ici à Waterloo…
Comme partout ailleurs, les fêtes de fin d’année s’annoncent plutôt moroses ici…
Mais je crois que ce qui m’a le plus marqué, c’est cet article que j’ai lu ce matin, dans lequel un passager sur un vol Toronto-Saskatoon s’insurgeait qu’on ait laissé monter dans l’avion des gens revenant du Mexique….
Alors oui, les frontières canadiennes sont fermées au tourisme… mais pour les citoyens et résidents permanents qui le souhaitent, il est possible de sortir…
Il y a moins de vol c’est sûr. Mais il y en a quand même…
Les conditions pour re-rentrer dans le pays sont plutôt drastiques (il faut se declarer via une app, ne pas présenter de symptômes, etc.) – et après ne serait-ce qu’un rapide survol du paragraphe qui détaille la procédure, toute envie de tenter de voyager se dissipe…
Mais pour ceux qui souhaitent s’y soumettre – et remplissent toutes les cases, voyager même en temps de pandémie est possible.
Chacun ses raisons – et on pourrait débattre longuement sur ce point je présume.
Mais ce qui me choque le plus, c’est le rejet d’autrui. Surtout dans un pays comme celui-ci.
Une chose que j’ai toujours admiré au Canada, c’est le melting pot que l’on retrouve.
Ce n’est pas sans me rappeler ce que j’ai connu en grandissant sur l’île de la Réunion, et c’est vraiment quelque chose que j’apprécie.
Ici dans les rues, on croise des gens de toute ethnie, on entend parler toutes les langues du monde, et tout le monde vit ensemble en parfaite harmonie.
On me dira que j’idéalise, que ce n’est certainement pas partout pareil… mais en tout cas, à Waterloo, c’est mon ressenti. Je ne ressentais pas ça à Paris…
Mais cela va-t-il changer avec cette pandémie ?
Cette crise sanitaire a profondément changé la société, nos habitudes s’en sont trouvées bouleversées… et je dois avouer que, même s’il s’agit peut-être d’un cas isolé, cette lecture me préoccupe.
Les mesures de distanciation sociale sont une chose… mais doit-on arriver à unpoint où on ne veut simplement plus voir les autres ? Va-t-on se mettre à considérer tout les “autres” comme potentiels “pestiférés” qu’il faut éviter à tout prix ?
J’espère que ce n’est que passager, que c’est juste l’expression de la frustration qui fait suite à ces mois d’isolements que nous avons connus. Car si cela devait perdurer, cela me laisse songeur pour le futur…
C’est juste un article, mais il me fait réagir car comme beaucoup, il me tarde que les frontières ré-ouvrent. Quand cela sera le cas, je serai impatient de retourner chez moi dans l’Ocean Indien pour revoir ma famille. Est-ce que je recevrai le même accueil lorsque je monterai dans l’avion pour Saint-Denis ?
Avec la vaccination qui débute, j’espère que tout cela changera rapidement.
Un des joyaux du Canada, c’est sa société multicuturelle, faite de tous ceux qui ont émigré ici.
Et il ne faudrait vraiment pas que cela change à mon avis.